L’objectif des sociologues associés avec l’École de Francfort était
d’assurer que le capitalisme ne pourra plus être la seule forme de structure de
société existante à l’avenir. Ils se sont dotés de la tâche de renouveler la
société en mettant à l’œuvre des théories sociologiques développées sur le
fondement du marxisme.
Pour accomplir cet objectif, ils se sont mis à dépister des facteurs
d’inertie, des facteurs qui empêchent l’évolution d’une société. Parmi ces
facteurs ils n’ont pas tardé de trouver les influences que des parents peuvent
avoir sur leurs enfants. À travers des conceptions « bourgeois » (et
donc capitalistes et conservateurs d’une manière irréfléchie) que les parents
transmettent par leur éducation, des paradigmes de pensées bourgeois se
perpétuent et la société va rester alors la même.
Comme remède ces scientifiques ont offert et promulgué leurs idées
d’émancipation totale. Ils étaient d’avis qu’il fallait s’émanciper pratiquement
dit de toute chose: De son sexe, de sa classe sociale, de sa famille, des
parents, etc. Surtout l’idée d’émancipation des enfants a envahi les systèmes
d’éducation dans le monde entier et l’École de Francfort y était un des moteurs
et responsables principaux. Depuis les années soixante on a éduqué les enfants
de s’émanciper de leurs parents. Ceci a pris des formes diverses. Par exemple,
la littérature pour enfants qui facilitait la promulgation de cette idée
trouvait alors davantage des portes ouvertes de chez les éditeurs. Des
histoires avec des enfants se trouvant dans un état de révolte contre tout
avaient le plus grand succès.
Aujourd’hui un enfant qui avec fierté répond à quelque chose que le
professeur lui ait dit avec les mots « mais mon père m’a dit autrement, il
m’a dit… » se verra confronté avec la volonté féroce de la part de ce même
professeur de détruire cette base de confiance que l’enfant a dans son père. Au
début le professeur hochera sa tête en disant quelque chose dans le style de « tiens,
ton papa a donc toujours raison, il ne se trompe jamais ? »,
peut-être aura-t-il recours même à des méthodes d’intimidation en classe, pour
le faire ridiculiser et cet élève se retrouvera dans le rôle de bouc émissaire
dans cette classe, jusqu’à ce qu’il ait abandonné sa solidarité avec son père,
moment où le professeur restituera la position de cet élève dans la classe. Un
enfant calme, détaché et équilibré n’est guère supporté par un grand nombre de
professeurs aujourd’hui. Il faut que l’enfant soit un enfant dans la révolte,
il faut qu’il fasse du bruit, il faut qu’il soit extroverti, il faut qu’il
issue des grands mots sans fondement, qu’il soit toujours plus vite avec la
bouche qu’avec la tête. Les professeurs se méfient des enfants introvertis, car
ce sont souvent des enfants qui se laissent dire quelque chose de la part de
leurs parents et le professeur se voit alors limité dans ses possibilités de
rééducation marxiste, occultiste, sexiste, féministe ou globalisante, ces
enfants lui échappent partiellement, il ne les aura pas uniquement à lui, et
ceci il ne supporte point. Un professeur avec cet esprit totalitaire ne veut
pas partager son éducation avec un parent ou un autre. Il veut tout ou rien. En
plus, un enfant sage est comme un virus dans la classe, il pourra, à travers
des amitiés conclues avec des camarades de classe, traîner des autres après lui
par ces vertus de bonne famille. Il faut alors l’isoler du reste de la classe,
afin que tous deviennent des enfants émancipés. Au fond, un tel professeur ne
croit point que son point de vue est vraiment supérieur, c’est justement pour
cela qu’il aura recours à toutes sortes de méthodes illégales dans sa lutte.
Par contre, un professeur qui est sûr du fait qu’il a quelque chose de bon à
offrir, ne craindra ni les parents, ni les élèves sages, car il sait que ses
arguments sont bons en eux-mêmes et il n’aura donc pas besoin des intrigues
manipulateurs pour poursuivre ses buts d’éducation.
À retour vers la liste de
textes en français
À retour vers la page française de « l’Église de
Réforme Continuelle »